Publié le 28 Août 2014

"Edgar, le chat-souris" de Fabienne Jonca

Greffier, minet, minou, matou, mistigri, quel que soit le nom qu'on lui donne, le chat fait partie intégrante de notre imagerie mentale.

Poètes, écrivains, artistes, mais aussi politiciens ou philosophes ont mis le chat en scène dans des vers et des phrases qui traversent le temps. Présent dans les contes, les fables, il émaille aussi le langage quotidien d’expressions qui lui sont consacrées. Un petit tour dans l’univers des mots voués au chat.

Quelques expressions

* Appeler un chat un chat, c’est dire les choses telles qu'elles sont, avec franchise.

* Avoir des yeux de chat, c’est bien y voir dans l'obscurité.

* Avoir un chat dans la gorge, c’est être enroué, avoir quelque chose qui gêne dans le gosier.

* Chat échaudé craint l’eau froide nous enseigne que celui qui s’y est brûlé craindra même l’eau froide, il sera donc plus que prudent.

* Donner sa langue au chat c’est avouer qu’on n’arrive pas à deviner.

* Écrire comme un chat, c’est le faire de façon illisible.

* Être comme chien et chat c’est se chamailler sans cesse.

* Il n'y a pas de quoi fouetter un chat signifie que l’événement est sans importance ou la faute légère.

* Jouer au chat et à la souris se dit de deux personnes dont l'une essaye en vain de joindre l'autre qui lui échappe sans cesse.

* Quand il n’y a pas un chat, c’est qu’il n’y a personne.

* C’est du pipi de chat si la boisson est fade et manque de goût.

* Faire une toilette de chat, c’est se laver de façon sommaire et rapide.

* C’est de la bouillie pour les chats exprime en parlant d’un discours qu’il est incompréhensible.

* Avoir d’autres chats à fouetter c’est avoir autre chose à faire de plus important.

Molière le mit à l’honneur pour la postérité avec la célébrissime phrase de "l’École des femmes" : Le petit chat est mort. Mais il est loin d’être le seul.

Les observateurs des chats

Baudelaire, semble-t-il leur consacrait beaucoup de ses réflexions. Dans Fusées, il dit : "Pourquoi les démocrates n’aiment pas les chats, il est facile de le deviner. Le chat est beau : il révèle des idées de luxe, de propreté, de volupté etc…" et dans les Fleurs du Mal il précise : "Amis de la science et de la volupté, ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres". Et pour finir : "Les amoureux fervents et les savants austères aiment également dans leur mûre saison, les chats puissants et doux, orgueils de la maison, qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires".

Montaigne, lui, se demande dans ses essais : "Quand je me joue à ma chatte, qui sait si elle passe son temps de moi, plus que je ne fais d'elle".

Les amoureux des chats

L’écrivain Colette les aimait à la folie. Ils sont présents dans toute son œuvre. Pas étonnant lorsqu’on lit : "Le temps passé avec les chats n’est jamais perdu".

Ernest Hemingway était aussi un passionné, lui qui disait : "Un chat ne fait qu’amener à un autre chat" et aussi : "Le chat est d’une honnêteté absolue. Les êtres humains cachent, pour une raison ou une autre, leurs sentiments, les chats non".

Quant au peintre Giacometti, on voit vite où va sa préférence : "Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat".

Les chats avec humour

Jean Cocteau voyait les chats avec un œeil singulier : "Si je préfère les chats aux chiens, c’est parce qu’il n’y a pas de chats policiers".

Eugène Ionesco s’offrait un sophisme de choix : "Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel donc Socrate est un chat".

Mark Twain n’y allait pas par quatre chemins : "Si l’on pouvait croiser l’homme et le chat, ça améliorerait l’homme mais ça dégraderait le chat".

Les chats et la philosophie

Hippolyte Taine transmettait le résultat de son observation : "J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure". Et pour préciser sa pensée, il y ajoute : "Il suffit de croiser son regard avec celui d’un chat pour mesurer la profondeur des énigmes que chaque paillette de ses yeux pose aux braves humains que nous sommes".

Winston Churchill ne se sentait pas à leur hauteur : "J’aime les porcs. Les chiens nous regardent avec vénération, les chats nous toisent avec dédain, les cochons nous considèrent comme des égaux".

Guillaume Apollinaire leur prêtait des vertus indispensables au bonheur : "Je souhaite dans ma maison, une femme ayant sa raison, un chat passant parmi les livres, des amis en toute saison, sans lesquels je ne peux pas vivre".

Pour conclure, sachez que comme le disait Raguenau : "On ne choisit jamais un chat, c’est lui qui vous choisit" car, et les amis des chats le savent bien, comme disait Dave Berry : "Les chiens ont des maîtres, les chats ont des serviteurs".

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Rédigé par Eurothai

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