Le Chat -1971

Publié le 28 Janvier 2013

Le chat - Pierre Granier-Deferre (1971) 

 

 

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Synopsis :

Un couple de retraités, les Bouin, habite dans une banlieue parisienne en plein bouleversement par les travaux d'urbanisme moderne : lui, ancien ouvrier typographe ; elle, ancienne trapéziste de cirque dont la carrière s'est terminée trop tôt en raison d'une chute lors d'un spectacle. Ils n'ont jamais eu d'enfants. Après 25 ans de mariage, leurs sentiments se sont désagrégés avec le temps et ils vivent maintenant un huis-clos dans leur pavillon, dans une atmosphère pesante et une cohabitation désormais plus forcée que souhaitée, bien que ni l'un ni l'autre ne désire quitter la maison. Lorsque le mari recueille un chat auquel il voue toute son affection, la jalousie de l'épouse devient de la haine, atteint un paroxysme et c'est désormais une guerre silencieuse, âpre et implacable qui se joue autour de ce chat.

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Critique :

Après 25 ans de vie commune, les Bouin ne communiquent plus que par des petits billets. A cause du chat de Julien, que Clémence a tué par jalousie...

Il y a le Chat Botté, le Chat Machine, le Chat de Geluck, le Chat Potté, le chat de Malraux et ceux des auteurs de Suite 101… Il y a aussi Le Chat de Simenon (1967), un roman psychologique que Pierre Granier-Deferre a filmé en 1971 avec deux acteurs français au meilleur de leur forme : Jean Gabin (Julien) et Simone Signoret (Clémence).

 

Le Chat est l’histoire d’un mari et de sa femme qui se sont aimés naguère et se haïssent aujourd’hui. On pense à la formule d’Hyppolite Taine : « On s’étudie trois semaines, on s’aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans et les enfants recommencent.. » Sauf que, là, chez les Bouin, cela fait seulement 25 ans que ça dure et qu’il n’y a pas d’enfant !

Julien était ouvrier typographe (les seigneurs de l’imprimerie de papa !) et a gardé dans sa cave des centaines de journaux qu’il a imprimés avec la passion du travail bien fait. Il est ronchon, bougon, grognon comme sait l’être Gabin sans avoir à forcer sa nature…

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Ce n’est pas un sénior d’aujourd’hui avec un corps de quinqua et un agenda de ministre (Banque alimentaire le lundi, club œnologique le mardi, etc.). C’est un retraité à l’ancienne, Julien, qui s’ennuie ferme entre deux cigarettes et deux chapitres d’un roman de Zola, et qui ferme toujours le dernier bouton de ses chemises de vieux…

Clémence, elle, était trapéziste de cirque jusqu’à ce qu'une chute l’a condamne au plancher des vaches et à une légère claudication…Souvent, pour passer le temps et rêver, elle classe de vieilles photos des artistes qu’elle a connus au temps de sa splendeur, quand elle impressionnait le public, à 10 mètres du sol…

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Le couple vit à Courbevoie, dans une maison achetée quand ce village avait encore des arbres dans l'impasse Dupuis, un je ne sais quoi d’humain, du cachet. «Vous resterez ici pour toujours !», leur avait prédit l’agent immobilier le jour de la vente. Tu parles, Charles ! Le quartier est en pleine transformation - La Défense se construit ! - et les Bouin ont reçu leur avis d’expropriation…

Les premières images du film permettent de se mettre dans l’ambiance - mauvaise, très mauvaise - qui règne chez les Bouin. Sans comprendre ce qui les éloigne l'un de l'autre, on voit Monsieur et Madame se rendre séparément chez l’épicier et revenir chez eux à 10 mètres de distance…

Puis chacun prépare sa tambouille dans la cuisine en prenant ses victuailles dans des tiroirs cadenassés !!! C’est peu dire que l’atmosphère est oppressante, irrespirable, y compris quand chacun s’installe à sa propre table…

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Pas un mot, pas un regard, rien ! Même silence quand ils s’assoient face à face dans le salon. Lecture pour Monsieur, tricot pour Madame. Silence encore, le soir, dans la chambre avec ses deux lits jumeaux.

Ah, le dialoguiste - l’excellent Pascal Jardin ! - ne s’est pas épuisé pendant le premier quart d’heure !

Très vite, par ses flashbacks, le film permet de comprendre le pourquoi de la brouille entre les anciens tourtereaux : Julien, un jour, a recueilli un chat – « Greffier » - sur lequel il a reporté son affection, ses soins et ses rares sourires…

 

Jalouse de cette présence qu’elle juge de plus en plus insupportable, Clémence a fini par tuer le matou, le «Pépère», comme l’appelle (niaisement) Julien. Lequel, depuis ce drame, a décidé de ne plus parler à sa femme rendant ainsi leur cohabitation pénible à souhait.

A déconseiller aux jeunes qui préfèrent réussir leur mariage, Le Chat vaut surtout par la prestation extraordinaire de ses deux acteurs principaux, qui avaient l’âge, le physique et le talent requis pour interpréter ce couple de Français moyens de 1970 !

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Bon film !



 

 

 

Rédigé par Eurothai

Publié dans #Le CinéBlog des chats

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