Les Chats dans les Fables de La Fontaine, et sa morale!

Publié le 14 Septembre 2012

Le Singe et le Chat (livre IX)

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Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,
Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.
D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;
Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.
Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.
Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté
Etait moins attentif aux souris qu'au fromage.
Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons
Regardaient rôtir des marrons.
Les escroquer était une très bonne affaire :
Nos galands y voyaient double profit à faire,
Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.
Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui
Que tu fasses un coup de maître.
Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître
Propre à tirer marrons du feu,
Certes marrons verraient beau jeu.
Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,
D'une manière délicate,
Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts,
Puis les reporte à plusieurs fois ;
Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.
Et cependant Bertrand les croque.
Une servante vient : adieu mes gens. Raton
N'était pas content, ce dit-on.
Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes
Qui, flattés d'un pareil emploi,
Vont s'échauder en des Provinces
Pour le profit de quelque Roi.

 

le singe et le chat

Cette fable plaisait tellement à Madame de Sévigné qu’elle écrivit dans sa lettre à Madame de Grignan, sa fille : « N’avez-vous pas trouvé jolies les cinq ou six fables qui sont dans un des tomes que je vous ai envoyés ? Nous en étions ravis l’autre jour chez M. de la Rochefoucauld. Nous apprîmes par cœur celle du Singe et du Chat » (lettre du 29 avril 1671).

Il semble que, pour écrire cette fable, publiée en 1671, Jean de La Fontaine se soit inspiré de récits divers, spécialement des « Jours caniculaires » de l’Italien Simon Maioli (1588) ou du « Théâtre des animaux - Un Singe et un Chat » de Philippe Deprez.

Le Singe et le Chat est la dix-septième fable du livre IX de Jean de La Fontaine situé dans le second recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1678

C’est de ce texte que provient l’expression « tirer les marrons du feu ».

 

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Rédigé par Eurothai- Marie-Hélène

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