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Publié le 27 Mai 2012

Etymologie du mot chat

Le mot "chat" est apparu dans la langue en 1175.
Notre "Félis catus" a porté bien des noms avant
d'en arriver là !

 

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L’'origine du mot "chat" demeure controversée. En Egypte, ou débute sa domestication, celui-ci est appelé "myeou", de toute évidence, une onomatopée de son miaulement. Toutefois, la femelle porte le nom de "techau", nom que l'on retrouve gravé au pied des statuettes funéraires placées dans les tombes des femmes. A partir de ce terme, découle l'appellation de "chaus". Cette appellation a persisté puisqu'un grand chat sauvage d'Egypte et d'Asie est ainsi nommé.

Lorsque les grecs découvrent le chat, ils lui attribuent le nom de "galé". A Rome, le chat sauvage est dénommé "felis". Le terme aura une abondante descendance comme en témoignent tous les mots français forgés à partir de lui (félin, félidé, etc.).

Au IVe siècle aprés J.-C, apparait, dans le latin "corrompu" du Moyen-âge, le terme "cattus". Ce terme semble avoir été emprunté à une langue africaine ou orientale puisque le chat est appelé "kadis" par les Nubiens, et "gato" par les Syriens.

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Et en l'an de grâce 1175, la France introduit (enfin!) le mot chat dans les textes. Il remplace alors "cattus" et cie. Chatte et chaton n'arriveront qu'à la fin du XIIIe siècle, tout comme d'autres dérivés : chatière, chattemite (ne vous méprenez pas, ce n'est pas un chat envahi par les mites!), oeil-de-chat…

 

Pour finir, n'oublions pas que de ce fameux "cattus" est à l'origine du mot chat dans plusieurs langues : cat en anglais, katze en allemand, kat en néerlandais, gato en espagnol et en portugais, gatto en italien…

 

Source : Internet

 

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Rédigé par Eurothai - Sonia

Publié dans #Préambule

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Publié le 3 Février 2012

Bonsoir a tous!

Ce soir la suite d'une des chroniques de notre Soania, sur la Littérature et les chats....

QUIZ Les-chats-dans-la-litterature 4780


"Les chats offrent aux écrivains quelque chose que les humains ne savent pas offrir : une compagnie qui n'est ni revendicative, ni dérangeante, et qui est aussi apaisante et changeante qu'une mer très calme."
Patricia Highsmith

ECRIVAINS ETRANGERS

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L'écrivain, poète, romancier, et nouvelliste américain EDGAR ALLAN POE (1809-1849) a utilisé le chat noir, annonciateur de mauvais présages dans l'univers fantastique, dans une célèbre nouvelle intitulée tout simplement "Le chat noir", publiée en 1843. Le narrateur, un homme qui avait toujours aimé les animaux, se met à haïr un chat dès lors que son épouse s'attache à l'animal. Son obsession pour le chat devient malsaine et le pousse à torturer et à tuer le félin et à assassiner sa femme. Il sera puni...grâce au chat.

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CHARLES DICKENS (1812-1870) fut un grand amateur de chats. Il fit figurer de nombreux félins dans ses livres et en possédat plusieurs. Sa fille Mary "Mamie" Dickens raconte plusieurs anecdotes relatant la relation entre son père et les chats.

Extrait de "Mon père tel que je m'en souviens" :

"Je me souviens du jour où [Williamine] nous présenta ses chatons. Elle sélectionna un coin du bureau de mon père pour les y installer, puis les apporta un par un, depuis la cuisine, et les déposa dans le coin choisi." Dickens fit déplacer les chats mais la chatte ramena ses petits à nouveau un par un dans le bureau. A la troisième tentative, "au lieu de mettre les chatons dans un coin de la pièce, elle les plaça aux pieds de mon père, puis s'installa et lui lança un regard si implorant qu'il ne put résister et les autorisa à rester."

Un des chatons de Williamine fut baptisé "le chat du maître" car il se tenait toujours auprès du romancier quand celui-ci travaillait. Un soir, alors que Dickens écrivait à son bureau en compagnie de son chat, la bougie s'éteignit. "Mon père ralluma la bougie,caressa le chat qui le regardait avec un air pathétique, et poursuivit sa lecture. Quelques minutes plus tard, alors que la lumière semblait baisser, il leva les yeux juste pour voir le chat éteindre délibérément la chandelle d'un coup de patte, avant de lui lancer un regard implorant... et le chat reçut les caresses qu'il désirait tant."

Parmi les "Histoires comme ça", RUDYARD KIPLING (1865-1936) raconte celle du "chat qui s'en va tout seul". Le chien et le cheval se laissent domestiquer contre de la nourriture. Le chat se montre plus rusé.

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L'un des plus grands dramaturges américains, TENNESSEE WILLIAMS, met en scène des personnages fragiles, souffrant de solitude, et victimes d'un système social impitoyable. Il écrit sur l'incompréhension, la frustration, la culpabilité, sur l'homosexualité et les névroses, faisant de ses personnages des martyrs expiant toutes les contradictions sociales. Dans sa nouvelle "Malédiction", parue dans "Le boxeur manchot", Tennessee Williams conte le destin tragique de Lucio, un ouvrier qui perd son travail à l'usine, qui est congédié par sa logeuse, et dont la chatte Nitchevo disparaît. Lucio la retrouve blessée à mort. Il ne veut pas lui survivre.

 

Nombre de ses pièces ont été adaptées au cinéma, dont "La chatte sur un toit brûlant" [Cat On a Hot Tin Roof] (1958), avec Paul Newman et Elizabeth Taylor.

Dans un autre genre, PATRICIA HIGHSMITH (1921-1995), romancière américaine auteur de romans policiers tirant parfois sur le fantastique, célèbre le chat dans un recueil de nouvelles paru en 2005, "Des chats et des hommes". Voilà le félin personnage de fiction, inspirateur de poème, sujet d'étude, modèle d'artiste.

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Patricia HIGHSMITH vouait une passion débordante aux chats, préférant leur compagnie à celle des humains pour pouvoir écrire sans être dérangée. Elle note dans "Des chats et des hommes""Un chat fait qu'une maison est un foyer. Un écrivain n'est jamais seul avec un chat, tout en étant suffisamment seul pour pouvoir travailler. Qui plus est, qu'il déambule ou qu'il dorme, un chat est une oeuvre d'art vivante, en perpétuelle métamorphose."

Un autre recueil de 10 nouvelles est paru en 1981 : "La proie du chat". Dans le premier texte, un chat introduit le mystère et l'horreur dans une paisible réunion amicale.

 

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LE CHAT DANS LA LITERATURE ET LA POESIE

 

"Hautain, libre, mystérieux, voluptueux, babylonien, impersonnel, il est l'éternel compagnon de la supériorité et de l'art - incarnation de la beauté parfaite et frère de la poésie - le chat doucereux, grave, savant et patricien."
H.P. Lovecraft (1890-1937)

LE CHAT ET LES POETES

Nombreux sont les poètes qui ont écrit sur les chats. Je n'ai retenu ici que les poèmes qui me plaisent particulièrement.

Le plus célèbre poète ayant les félins comme source d'inspiration reste sans doute CHARLES BAUDELAIRE (1821-1867). Dans "Les fleurs du mal", il écrit plusieurs textes à leur propos.

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LES CHATS
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Èrèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Ètoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

LE CHAT
Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a plus besoin de mots.
Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

"Le chat", section I, Les fleurs du mal.

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

"Le chat", section II, Les fleurs du mal.

CHARLES CROS (1842-1888), poète et inventeur, parla lui aussi du chat dans son oeuvre poètique, qui tient, pour l'essentiel, en deux recueils : "Le coffret de santal" (1873) et "Le collier à griffes" (publié en 1908, soit 20 ans après sa mort).

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A UNE CHATTE
Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnant et blèmes,
Passer le printemps et l'été?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s'efface,

Où va la pensée, où s'en vont
Les défuntes splendeurs charnelles? ...
Chatte, détourne tes prunelles;
J'y trouve trop de noir au fond.

Le coffret de santal

PAUL ELUARD (1895-1952), pilier du surréalisme, a aussi sa vision du chat :

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CHAT
Pour ne poser qu'un doigt dessus
Le chat est bien trop grosse bête.
Sa queue rejoint sa tête,
Il tourne dans ce cercle
Et se répond à la caresse.

Mais, la nuit l'homme voit ses yeux
dont la pâleur est le seul don.
Ils sont trop gros pour qu'il les cache
Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.

Quand le chat danse
C'est pour isoler sa prison
Et quand il pense
C'est jusqu'aux murs de ses yeux.

Le chat fait également partie de l'univers de JACQUES PREVERT (1900-1977) :

LE CHAT ET L'OISEAU
Un village écoute désolé
Le chant d’un oiseau blessé
C'est le seul oiseau du village
Et c’est le seul chat du village
Qui l'a à moitié dévoré
Et l'oiseau cesse de chanter
Le chat cesse de ronronner
Et de se lécher le museau
Et le village fait à l'oiseau
De merveilleuses funérailles
Et le chat qui est invité
Marche derrière le petit cercueil de paille
Où l’oiseau mort est allongé
Porté par une petite fille
Qui n’arrête pas de pleurer
Si j’avais su que cela te fasse tant de peine
Lui dit le chat
Je l’aurais mangé tout entier
Et puis je t’aurais raconté
Que je l’avais vu s'envoler
S'envoler jusqu’au bout du monde
Là-bas où c'est tellement loin
Que jamais on n'en revient
Tu aurais eu moins de chagrin
Simplement de la tristesse et des regrets

Il ne faut jamais faire les choses à moitié.

Histoires et d'autres histoires.

Le poète et écrivain belge MAURICE CARÊME (1899-1978) célèbre le chat à sa façon :

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LE CHAT ET LE SOLEIL
Le chat ouvrit les yeux
le soleil y entra
le chat ferma les yeux
le soleil y resta

voila pourquoi le soir
quand le chat se réveille
j'aperçois dans le noir
deux morceaux de soleil

L'Arlequin

SOIR DE DECEMBRE
Ce soir de décembre
Est si triste
Qu'on ose à peine respirer.
On entend doucement le disque
De la pleine lune tourner.

Et sous l'aiguille de la bise
Meurt et renaît, le long des toits,
Une longue plainte que brise
Le miaulement bref d'un chat.

La grange bleue

JOSE LUIS BORGES (1899-1986), écrivain, poète et essayiste argentin, a parfaitement saisi ce qui anime un humain qui aime un chat :

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A UN CHAT
Non moins furtif que l'aube aventurière,
Non moins silencieux que le miroir,
Tu passes et je pense apercevoir
Sous la lune équivoque une panthère.
Par quelque obscur et souverain décret
Nous te cherchons. Nous voulons, fauve étrange
Plus lointain qu'un couchant ou que le Gange,
Forcer ta solitude et ton secret.
Ton dos veut bien prolonger ma caresse;
Il est écrit dans ton éternité
Que s'accordent à ta frileuse paresse
Ma main et son amour inquiété,
Ton temps échappe à la mesure humaine.
Clos comme un rêve est ton domaine.

Le poète chilien PABLO NERUDA (1904-1973) a signé une magnifique ode à notre félin préféré (bien que connu pour préférer les chiens!) :

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ODE AU CHAT
Au commencement
les animaux furent imparfaits
longs de queue,
et tristes de tête.

Peu à peu ils évoluèrent
se firent paysage
s’attribuèrent mille choses,
grains de beauté, grâce, vol...
Le chat
seul le chat
quand il apparut
était complet, orgueilleux.
parfaitement fini dès la naissance
marchant seul
et sachant ce qu’il voulait.

L’homme se rêve poisson ou oiseau
le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l’ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu’être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d’or.

Il n’y a pas d’unité
comme lui
ni lune ni fleur dans sa texture:
il est une chose en soi
comme le soleil ou la topaze
et la ligne élastique de son contour
ferme et subtil
est comme la ligne de proue d’un navire.
Ses yeux jaunes
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit.

Ô petit empereur
sans univers
conquistador sans patrie
minuscule tigre de salon,
nuptial sultan du ciel
des tuiles érotiques
tu réclames le vent de l’amour 
dans l’intempérie
quand tu passes
tu poses quatre pieds délicats
sur le sol
reniflant
te méfiant de tout ce qui est terrestre
car tout est immonde
pour le pied immaculé du chat.

Oh fauve altier de la maison,
arrogant vestige de la nuit
paresseux, gymnaste, étranger
chat
profondissime chat
police secrète de la maison
insigne d’un velours disparu
évidemment
il n’y a aucune énigme
en toi:
peut-être que tu n’es pas mystérieux du tout
qu’on te connaît bien
et que tu appartiens à la caste la moins mystérieuse
peut-être qu’on se croit
maîtres, propriétaires,
oncles de chats,
compagnons, collègues
disciples ou ami
de son chat.

Moi non.
Je ne souscris pas.
Je ne connais pas le chat.
Je sais tout de la vie et de son archipel
la mer et la ville incalculable
la botanique
la luxure des gynécées
le plus et le moins des mathématiques
le monde englouti des volcans
l’écorce irréelle du crocodile
la bonté ignorée du pompier
l’atavisme bleu du sacerdoce
mais je ne peux déchiffrer un chat.

Ma raison glisse sur son indifférence
ses yeux sont en chiffres d’or.

Source : internet



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Rédigé par Eurothai - Sonia

Publié dans #Préambule

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Publié le 26 Janvier 2012

 

QUIZ Les-chats-dans-la-litterature 4780

 

LE CHAT DANS LA LITERATURE ET LA POESIE

 

"Si vous voulez être écrivain, ayez des chats."
Aldous Huxley (1815-1895)

Le chat est le grand ami des écrivains et des poètes. Il les a fascinés, ils lui ont rendu hommage. Le chat s'impose comme un auxiliaire indispensable de la vie et de l'oeuvre de nombre d'écrivains français ou étrangers. Voici quelques exemples.



ECRIVAINS FRANÇAIS

L'un des premiers chats à se faire connaître dans la littérature est le chat botté, dans le conte de CHARLES PERRAULT (1628-1703), publié dans "Les contes de la mère l'oye" en 1697. Ce chat, doué de parole et de raison, va faire passer son maître (le benjamin désargenté d'un meunier décédé) pour un puissant gentilhomme, le marquis de Carabas, et lui permettre d'épouser la princesse du royaume. Il suffit au chat d'un sac, d'une paire de bottes et de beaucoup de ruse!


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Le chat botté, lithographie du XIXe siècle, de Gustave Doré

CHATEAUBRIAND (1768-1848) vécut entouré de chats. Il revint d'un séjour au Vatican avec Micetto, le chat du Pape Léon XII, qui lui confia avant de mourir.
Dans "Les mémoires d'Outre-tombe", Chateaubriand écrit qu'il "cherche à faire oublier [à Micetto] l'exil, la chapelle Sixtine et le soleil de la coupole de Michel-Ange sur laquelle il se promenait, loin de la terre..."

Le poète, romancier, peintre et critique d'art THEOPHILE GAUTIER (1811-1872) fut lui aussi un grand adorateur des chats. Dans "La ménagerie intime", parue en 1869, il raconte avec humour et tendresse les mésaventures de différents chats.

Extrait de"La ménagerie intime" :

"C'est une bête philosophique, tenant à ses habitudes, amie de l'ordre et de la propreté. (...) Séraphita restait de longues heures immobile sur un coussin, ne dormant pas, suivant des yeux avec une extrême intensité d'attention, des spectacles invisibles pour les simples mortels."

EMILE ZOLA évoque à plusieurs reprises, et avec justesse, les petits félins. Dans la nouvelle extraite de "Nouveaux contes à Ninon" (1866), "Le paradis des chats", il raconte les péripéties d'un chat qui abandonne une vie confortable et choyée pour aller vivre dans la rue. Au final, cette vie ne lui plaît pas et il rentre chez lui. Sa propriétaire le punit mais il préfère encore être enfermé et bien nourri qu'être libre et devoir chercher de quoi survivre.

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On retrouve un chat dans "Thérèse Raquin" : le chat tigré François. Thérèse et son amant Laurent ont assassiné Camille, le marie de Thérèse. Mais le spectre de Camille les hante. Laurent croit même que le mort est "entré" dans le corps du chat. Il se met à le détester et le tue. Les amants, à bout de nerfs, finissent par se suicider.

ZOLA hébergeait des chats dans sa maison de Médan. D'ailleurs, dans "La faute de l'Abbé Mouret", l'écrivain nous fait faire connaissance avec trois chats de gouttière, assez proches de ceux qu'il avait.

GUY DE MAUPASSANT (1850-1893) écrivit dans "Sur les chats" (texte publié dans Gil Blas du 9.02.1886) une chose très vraie et toujours d'actualité : 

"Il circule comme il lui plaît, visite son domaine à son gré, peut se coucher dans tous les lits, tout voir et tout entendre, connaître tous les secrets, toutes les habitudes ou toutes les hontes de la maison. Il est chez lui partout, pouvant entrer partout, l'animal qui passe sans bruit, le silencieux rôdeur, le promener nocturne des murs creux."

MAUPASSANT a fondé avec Alexandre DUMAS une ligue pour la défense des félins.

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PAUL LEAUTAUD (1872-1956) s'apitoyait sur le sort des animaux mais détestait les humains. Il avait transformé sa maison de Fontenay-aux-Roses en refuge pour animaux abandonnés : "J'ai dû avoir au moins 300 chats et 150 chiens. Pas tous à la fois. Mais ma moyenne, c'était une trentaine de chats et une douzaine de chiens."

Qui mieux que COLETTE (1873-1954) a su dépeindre les chats? Auprès d'elle ont défilé de nombreux félins qui lui ont inspiré de nombreux textes. On peut malheureusement lui reprocher d'avoir parfois donné dans l'anthropomorphisme.

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Extrait du "Matou", La paix chez les bêtes :

"Je dors, je dors...Une secousse électrique me dresse parfois, - je gronde sourdement comme un tonnerre lointain, - puis je retombe... Même à l'heure où je me réveille tout à fait, vers la fin du jour, je semble absent et traversé de rêves; J'ai l'oeil vers la fenêtre, l'oreille vers la porte..."

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Extrait de "Douze dialogues de bêtes" :

"On dirait que je dors, parce que mes yeux s'effilent jusqu'à sembler le prolongement du trait velouté, coup de crayon hardi, maquillage horizontal et bizarre, qui unit mes paupières à mes oreilles. Je veille pourtant. Mais c'est une veille de fakir, une ankylose bienheureuse d'où je perçois tout bruit et devine toute présence..."

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Main de Colette, photographie de Walter Limot, 1934

MARCEL AYME (1902-1967) écrivait ses contes pour les "enfants âgés de 4 à 75 ans". L'enfance est symbolisée par deux fillettes, Delphine et Marinette, qui vivent dans une ferme, entourées d'animaux doués de la parole.

"La patte du chat" (1944) fait partie des "Contes du chat perché", série de contes publiés entre 1934 et 1946. Dans ce conte, Alphonse le chat a le pouvoir de faire pleuvoir en passant sa patte derrière son oreille. Delphine et Marinette sont punies parce qu'elles ont cassé un plat familial vieux de plus de 100 ans. Quand leurs parents décident de les envoyer chez leur horrible tante Mélina, le chat provoque une pluie interminable qui empêche les fillettes d'aller chez leur tante. Mais les récoltes sont abîmées et les parents décident alors de noyer Alphonse. Tous les animaux de la ferme aident le chat. C'est même grâce à une souris qu'il échappe à la noyade...

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"Blues pour un chat noir"est un recueil de cinq nouvelles écrites par BORIS VIAN (1920-1959). L'une d'entre elles raconte les mésaventures d'un chat noir hâbleur, dragueur, ergoteur, roi de l'argot, sorte d'aristochat lubrique et vantard, qui joue les grands seigneurs et finit misérablement.

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"Célébrations"de MICHEL TOURNIER (1924) est un recueil de 25 textes courts regroupés par thèmes : nature, corps, lieux, saisons et saints, images, personnes. L'auteur pose un regard émerveillé sur sa vie, ses rencontres et le monde qui l'entoure.

Extrait de "Célébrations" :

"Tout autre est le chat. Son indépendance vis-à-vis de son maître, sa présence affectueuse mais intermittente, ses disparitions énigmatiques suivies de réapparitions mystérieuses, la faculté qu'il a de pouvoir marcher parmi les livres et les encriers sans rien déranger, tout cela en fait le compagnon idéal de l'écrivain. Baudelaire l'a écrit mieux que personne."

 

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Rédigé par Eurothai - Sonia

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